quelques critiques


Qui est OFIL?  (Bernard BOSCHER, Critique d'art CE/CA)


Né en 1965 en Normandie, de parents eux-mêmes artistes peintres, Ofil a baigné dans une atmosphère propice à son épanouissement actuel.

Après un passage dans les milieux d'affaires, nous découvrons aujourd'hui un artiste singulier dans sa technique et dans sa démarche : il travaille en effet exclusivement la gouache alliant ainsi la fluidité de l'aquarelle à l'onctuosité de l'huile ; cette matière reste un défi permanent, nécessitant la lutte avec les formes, les contours, les volumes, sans pour autant négliger les mouvements de l'eau ou des branches.

Pour une œuvre figurative, le dessin est toujours décisif ; visiblement Ofil sait dessiner et composer. Cette grande faculté lui permet d'apprivoiser délicatement le paysage et de souligner la lumière par des aplats et effets de transparences réussis. Avec Ofil, nous sortons des paysages convenus, vus et revus maintes fois, nous découvrons la subtilité d'une lumière rasante, les branches mal coupées d'un arbre malade ou encore la coque délabrée d'une barque abandonnée… La nature que décrit Ofil, c'est la vraie nature, celle qui chaque jour se dégrade devant nos yeux indifférents.

La gouache, cette matière qui n'autorise pas aisément les dégradés, sera abondamment utilisée par l'artiste pour nous dévoiler ce qui se cache au promeneur pressé.

Les couleurs saisissent et imprègnent nos émotions au sein d'un éclairage qui semble poindre des profondeurs. Le bleu monte aux yeux, le gris illustre les reflets de l'eau mais aussi la colère de l'orage, le jaune ou le beige vont souligner la lumière rasante d'un port breton.

Très vite nous comprenons qu'il existe des énigmes que nous ne percevons pas au premier coup d'œil. Il ne s'agit pas de multiplier les apparences superficielles mais de laisser deviner les secrets de cette nature accablée.

Entre ombre et lumière, ténèbres et soleil, terre et eau, mer et ciel, surgit une écriture messagère, annonciatrice d'un futur fait de champs sans arbres et d'une mer dépourvue de vie. Les couleurs ondulent, détachées du monde matériel. Elles parviennent à concilier la rigueur de ses observations et la réalité des appréhensions. On se laisse emporter par ses tableaux comme par un nuage.

Cette peinture semble vous observer avec silence, nous sommes sous le charme sans rien pouvoir expliquer.

Voilà bien une œuvre picturale qui se propage au plus profond de nous-mêmes.

Bernard BOSCHER
Critique d'art CE/CA

CAMBRIDGE EXPERTISE Ltd Company
Fine Art International consulting
11 temple Close Huntingdon Cambs PE29 3QX- UK Registred 5392220
www.ofil.cambridge-art.com

Préface d'Ofil par  René Le Bihan


La peinture serait-elle sous influence, un art soumis au caprice du temps ? Il y a quelques décennies, tous ou presque annonçaient sa mort. Peu d'années auparavant, on ne valorisait de tous côtés qu'une tendance révolutionnaire, surgie dans les premières années du siècle pour dominer toutes les expressions et rénover radicalement la plastique. Pour nommer le changement, on hésitait, l'annonçant tantôt abstraction, tantôt non-figuration : autant proclamer son caractère radical ! Mais on le constate, la tradition millénaire avait la peau dure. De plus, à Barbizon comme à Pont-Aven, en passant par la vallée de la Seine, le XIXe siècle l'avait élaguée, oxygénée. Aussi le réalisme résistait-il, florissant, voire épanoui bien que la mode lui fût contraire. Et dans ses trois composantes principales, la figure, l'objet, le paysage, son pouvoir d'attraction restait intact sur tant d'artistes, émérites ou débutants.

De fait, lorsque lui pesèrent les contraintes de la vie parisienne et le tracas professionnel de la gestion, la nature séduisit Olivier Filleul, l'engageant à la rupture ; à ses yeux, la campagne, la province n'avaient en rien perdu leur charme. Après quelques pérégrinations insulaires, il s'établit en Bretagne, choisissant le bocage, peu éloigné des polders dégagés du pays de Dol ou des anses, des ports de la côte. Le pari de ce virage hardi paraissait téméraire. Même s'il avait toujours baigné dans le milieu – ses parents et ses grands parents étaient peintres – la distance reste longue entre affirmer par le dessin un talent de caricaturiste et vivre de ses gouaches, sur une terre où de surcroît les peintres pullulent  en tout endroit. Mais depuis 2009, la volonté fut tenace et le travail assidu, moins pour découvrir des sujets (tous avaient été exploités depuis deux siècles) que pour définir une façon nouvelle de les traiter.

Là, l'originalité du jeune peintre s'affirme déjà et il convient d'y voir un signe des plus encourageants. D'abord, le réalisme le porte à traiter des champs, les prés, les haies, les ruisseaux et les chemins ruraux et il s'efforce d'en saisir ce qu'il appelle « le mystère ». Mieux, l'artiste lève les yeux vers la lumière haute et la masse des nuages qu'il perçoit lourds, épais. Il sait les traiter de gris et de noir ; il capte au sol les trouées claires, les taches de soleil, jouant avec finesse des reflets, des flaques, des ornières, ultimes traces de l'averse récente. Ce faisant, il entre de plain pied dans une traduction subtile du paysage breton, retenant l'essentiel : le caractère maritime, mais aussi l'accessoire : les clôtures, les arbres émondés, le contraste entre le clos et l'étendue ouverte. Existe-t-il, pour un peintre, meilleur signe de réussite qu'approcher le secret d'un pays, que dépasser la petite réussite de ceux qui l'on précédé ?

Voilà le but déjà deviné et sitôt visé : imprimer sa vision au paysage et la faire reconnaître par tous, comme autrefois John Constable en 1816, face aux nuées au dessus de Weymouth Bay, ou Rosa Bonheur modelant en 1849 la terre épaisse, labourée par les bœufs blancs du Nivernais, sans oublier le rapport qu'en 1895 sut établir Henry Moret, entre la fin de l'hiver et le sol rose violacé que l'on roule en avril. Autant d'images vraiment inoubliables, qui transformèrent le regard commun sur la nature. Puisse Olivier Filleul suivre cette voie difficile et marquer son art d'une empreinte indélébile.

René Le Bihan (Août 2011)
  • ancien conservateur du musée des Beaux Arts de Brest (1964-2002)
  • critique d'art, écrivain.

Ofil, enfant prodigue


Le centre socio-culturel de Vandrimare (Eure) héberge le temps de 2 week-ends le 26ème Salon de peinture de la commune dont l'invité d'honneur est l'artiste Olivier Filleul (OFIL) un Normand exilé…en Bretagne !

Une Bretagne dont il aime peindre les paysages qu'ils soient campagnards ou marins, se laissant tout autant émouvoir par une haie ou un ruisseau que par un ciel. Après une erreur de casting, OFIL n'a vraiment abord é la peinture qu'en 2009, justement inspiré par la beauté des sites qui l'entouraient.

Il a une affection toute particulière pour la gouache qu'il traite indiféremment sur papier ou sur toile d'une manière toute personnelle lui donnant une fluidité telle que son travail évoque souvent l'aquarelle. Il s'attache par-dessus tout à saisir le mystère  des sujets traités, s'efforçant de ne retenir que l'essentiel  des paysages bretons. Un travail assidu lui a permis de progresser sans relâche. Son travail est raffiné, sobre aussi et d'un réalisme certain. Beau travail au niveau des lumières, des drapés, des nuages, des reflets sur l'eau ou sur un chemin rural

Elisabeth Leborgne
Les affiches de Normandie – 101ème année n° 6028 -  30 mai 2012
Culture – Actualités des Arts                                                                                                                                               

Ofil, paysages fugaces

Ofil illustre la relation essentielle qui lie le paysage au regard humain. Sa touche figurative laisse toujours place à l'imaginaire pour peindre les lieux de sa région, la Bretagne, là- même où la mer, la terre et les cieux sont aussi splendides que fugaces, expressifs à l'infini.
« J'aime les ciels chargés et les risques induits. »
Un ciel, une île, des haies, une falaise, un port, un bateau échoué… Dans sa pratique du paysage, le peintre questionne la représentation du réel et la relation à l'espace dans lequel le regard se projette.
Il n'appréhende pas le paysage dans son entièreté, mais le présente comme un fragment, une pièce isolée d'un ensemble géographique plus vaste. Il transpose généralement d'une perspective assez éloignée comme s'il souhaitait en repousser toujours plus loin les limites. Avec ce point de vue en retrait, la scène acquiert un nouveau statut. Entre le céleste et le terrestre, son ancrage spatial invite le spectateur à éprouver les contours de la situation.
La plupart de ses paysages ont en commun un état de délabrement. Malgré leur équilibre fragile, ils existent encore. Avant de sombrer dans l'oubli, ils emporteront avec eux une part de mémoire et de vie. C'est l'objectif de l'artiste qui procède à une dernière captation avant leur destruction. Il ne réalise pas le froid portrait de lieux inanimés en désuétude, il peint en évoquant leur âme. Cette expression déterminée, porteuse de sens, se communique facilement avec une sensibilité aussi palpable que poétique.
« Souvent en déshérence, ces paysages disparaissent dans l'indifférence quasi générale et ce, dans un silence assourdissant : bâtiments menaçants en ruine, carcasses de bateaux, haies vouées au remembrement… J'essaye de leur donner de la voix. »
Ofil peint sur papier ou sur toile avec une préférence pour les gouaches qui utilisent le liant traditionnel, celui de la gomme arabique qui donne plus de souplesse.
« La gouache a pour moi une profondeur et une luminosité incomparable. »
Au préalable, il réalise des croquis au feutre ou bien des photos qui lui servent de base de travail, et travaille plus rarement de mémoire.
Son œuvre illustre de façon fort significative la tension entre les principes de composition qui président à l'élaboration du paysage et la variabilité de l'éphémère nature.
Son intérêt pour les situations transitoires, les phénomènes de l'atmosphère et des nuages en particulier lui permet de se confronter à la variabilité permanente du ciel. Le climat et la lumière sont si fugitifs que le peintre ne dispose que d'un bref instant pour fixer la scène.
Cette expérience originelle du paysage invite au calme, à une certaine mélancolie. Les toiles d'Ofil rendent tangible la beauté d'un lieu afin d'en mettre à jour le mystère. Elles permettent à chacun de retrouver et cultiver individuellement ses émotions face à ce merveilleux spectacle de la nature.
Canoline Critiks

Olivier Filleul, ne cesse de nous surprendre par son talent. 


Une modernité d'expression s'échappe de ses œuvres pour nous dire un figuratif nouveau, en prise directe avec la vie d'aujourd'hui.

La lumière du littoral, les barques au repos, les rendus si réalistes de reflets dans l'eau, mais encore, dans ses paysages intérieurs, Ofil nous apporte un romantisme renouvelé, contemporain, qui s'exhale de ses peintures. L'artiste pose devant le regard du spectateur la force d'un ressenti, qu'il sait traduire par des choix de vues pittoresques, émouvantes, pleines parfois de langueurs indicibles, entre mélancolie et fatalité… Les couleurs sont pour Ofil autant de clartés aux nuances utiles.

Il peint la simplicité des formes avec une netteté, une précision de trait, une telle présence, qui soudain rendent ses œuvres étranges de sensibilité…Au-delà d'équilibres, de tons finement épurés, Ofil a compris les moyens de capturer l'essentiel dans la nature, de rejoindre, avec un entendement qui lui est propre, l'âme du paysage, pour la rendre lisible, visible, au regard du public…Sous son pinceau Ofil capture à jamais l'atmosphère d'un lieu, telle une image sur l'image… Laissant au motif sa poésie, son charme, sa fraîcheur, pour nous restituer une paix, un repos, un tableau comme une halte intemporelle de vie.

Un grand talent nous apparaît ici, pour qui sait comprendre le langage de la peinture, lorsque l'art devient souffle, il est avec Ofil, une brise vivante dans le figuratif actuel. Le style de cet artiste s'impose dans l'esthétique contemporaine par le phasage qu'il réussit entre figuratif traditionnel et siècle d'avant-gardisme.

Antoine Antolini directeur de CRACP
Centre de Recherche en Art & Patrimoine – éditions muséologiques EDMC
Pôle d'Exposition Toulon Côte d'azur  (Novembre 2010)
www.artisticmuseography.com

Centre de Recherche en Art & Patrimoine